1 January 0001 Newsletter IA & Éducation

Morocco: Emerging Power in Global AI Governance - Special 2025

TL;DR — Highlights:

Table of Contents

Executive Summary

Morocco is positioning itself as an emerging power in global AI governance. This leadership combines proactive diplomacy at the UN, a structured national strategy (Digital X.0 and Morocco Digital 2030), and a role as a regional hub for Africa.

Guided by the Royal Vision, Morocco leads with a pragmatic approach to AI security, advocating for ethical frameworks inspired by international law. Key figure: Amal El Fallah Seghrouchni, Minister Delegate for Digital Transition, a renowned AI professor.

Three pillars: International diplomacy, digital sovereignty, and African hub.

Leading Global AI Governance

Unique Leadership at the UN

Morocco demonstrates anticipatory diplomacy on AI. Ambassador Omar Hilale emphasizes equitable access to AI tools as a matter of justice, not just technology.

The Kingdom co-sponsored the first UN resolution on AI with the US, co-chairs a “Friends Group” on AI for sustainable development, and serves as Africa’s voice in multilateral forums.

Advocating for Ethical and Responsible AI

In a July 2024 Security Council debate, Morocco presented AI as a double-edged sword. For the first time, the Council addressed AI as a potential threat to international peace.

Morocco warns against uncontrolled proliferation of AI systems that could empower malicious actors: autonomous weapons, massive cyberattacks, large-scale information manipulation.

Identified Threats:

Proposed Solutions: Inspired by Resolution 1540 on WMD non-proliferation, Morocco suggests inspection mechanisms, sanctions, enhanced intelligence cooperation, and transparency requirements for military AI development.

Positive Applications Highlighted:

National Strategy for Sovereign and Ethical AI

Digital X.0 Framework: Governance Pillar

The Digital X.0 bill is the cornerstone of Morocco’s AI governance. Rather than simply adopting GDPR or EU AI Act, it’s a flexible framework adapted to an emerging country’s ambitions.

Under Amal El Fallah Seghrouchni’s leadership, Digital X.0 balances citizen protection with innovation stimulation. It defines clear responsibilities for developers, administrations, businesses, and platforms, with ex-ante evaluations for critical systems and AI-assisted compliance audits.

Key Components:

Three Strategic Pillars:

Expected Impact:

Morocco Digital 2030: A Structuring Vision

Adopted in 2023, Morocco Digital 2030 aims to make the Kingdom a regional hub for AI and digital innovation. Beyond infrastructure, it drives societal transformation.

Co-piloted by Amal El Fallah Seghrouchni, the strategy targets training 200,000 youth in AI skills, digitizing 100% of public services, and creating over 300,000 digital jobs by 2030.

Key Figures:

Ecosystems and Partnerships:

Regional Hub for Africa

South-South Cooperation and Partnerships

Gabon describes Morocco as a “continental model” for digital transformation. The 2024 partnership plans to train 500 Gabonese engineers in Moroccan universities and establish a Libreville tech hub modeled after Casablanca.

Morocco’s approach emphasizes co-construction over assistance: skills transfer, platform sharing, joint project governance.

Concrete Programs:

D4SD Hub (Digital for Sustainable Development): Launched in 2024 at UN General Assembly, this UNDP-Morocco public-private partnership is funded at $38M, 60% by Morocco.

Focus Areas:

Infrastructure and Cybersecurity

Dakhla Data Center: Dakhla will host a green mega-data center, 100% renewable-powered. Goal: Become a major storage and computing node for Africa.

Target: 50 MW power, PUE 1.1, connected to Europe and West Africa via submarine cables, optimized for AI workloads.

Cybersecurity: A Crucial Issue Morocco faced 12.6 million cyberattack attempts in 2024, up 40% from 2023. Most targeted sectors: banking, telecoms, public cloud.

Response: 24/7 National Cybersecurity Operations Center (C-NOC) and 2025-2030 roadmap to strengthen critical infrastructure resilience.

Jazari Institute: Named after Al-Jazari, robotics pioneer, the institute connects universities, businesses, and public actors to accelerate AI R&D. Acts as a “superconnector” between industrial needs, academic research, and entrepreneurship.

Projects: Automatic tax fraud detection, oasis irrigation optimization, local tax collection automation. Aims for 50% women in staff by 2027.

Connectivity and Inclusion: 5G coverage concentrated in major cities, high bandwidth costs, urban/rural digital divide. Strategy invests $1B in rural infrastructure and micro-data centers.

2025-2030 Roadmap:

Conclusion: A Unique Model for Africa

Morocco doesn’t just “adopt” AI: it seeks to shape the rules so technology serves sustainable human development. Three inseparable pillars:

Strengths of the Moroccan Model:

Challenges and Success Conditions: To succeed, the model must maintain strategic independence from major tech powers while multiplying partnerships.

Main Challenges:

Note: Morocco’s model credibility depends on demonstrating through concrete projects (health, education, climate) that AI serves citizens, not the reverse.

Synthèse : Maroc & IA 2025

ONU Co-parrain de la première résolution IA

2030 100% services publics numérisés

38 M$ Hub D4SD (PNUD–Maroc)

Sommaire de cette édition spéciale

Gouvernance mondiale de l’IA Stratégie nationale : Digital X.0 & Maroc Digital 2030

Hub régional africain & D4SD Conclusion : un modèle pour l’Afrique

Le Maroc s’affirme comme une puissance émergente dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Cette position repose sur la convergence de trois dynamiques : une diplomatie active au sein des Nations Unies, une stratégie nationale structurée (Digital X.0 et Maroc Digital 2030) et un rôle assumé de hub régional africain pour l’innovation numérique.

Diplomatie proactive à l’ONU, loi-cadre Digital X.0, stratégie Maroc Digital 2030, hub régional africain : le Royaume construit méthodiquement une souveraineté numérique éthique et tournée vers le développement durable.

Figure clé : Amal El Fallah Seghrouchni

Au cœur de cette stratégie se trouve Mme Amal El Fallah Seghrouchni, Ministre Déléguée chargée de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration, professeure d’IA à l’UM6P et ancienne directrice de l’AI Movement. Sa nomination illustre un choix fort : placer une scientifique de rang international à la tête d’un portefeuille stratégique.

Elle incarne le lien entre recherche de pointe, innovation appliquée et décision publique. Sous sa supervision, le Maroc ne se contente pas d’adopter des solutions importées : il construit une souveraineté numérique éthique, inscrite dans le temps long et pensée pour l’Afrique.

Ce choix – confier la transition numérique à une experte scientifique – distingue le modèle marocain de nombreux pays où la décision politique reste peu connectée aux enjeux techniques de l’IA.

Diplomatie internationale

Co-parrain de la première résolution onusienne sur l’IA, co-présidence d’un Groupe des Amis sur l’IA pour le développement durable, porte-voix du Sud global dans les enceintes multilatérales.

Souveraineté numérique

Loi-cadre Digital X.0, identité numérique souveraine, gouvernance des données et interopérabilité comme piliers d’une IA responsable et d’une indépendance technologique maîtrisée.

Hub africain

Partenariats Sud–Sud (Gabon, PNUD, etc.), hub D4SD, centre de données de Dakhla et Institut Jazari : le Maroc se positionne comme plateforme technique et normative pour l’Afrique.

Un rôle de premier plan dans la gouvernance mondiale de l’IA

Un leadership unique au sein des Nations Unies

Guidé par la Vision Royale, le Maroc mène une diplomatie anticipatrice sur l’IA. L’Ambassadeur Omar Hilale, Représentant permanent auprès de l’ONU, porte une position claire : l’accès équitable aux outils, compétences et infrastructures IA est une question de justice et de solidarité, pas un simple volet technique.

“L’accès équitable aux outils, compétences et infrastructures de l’IA n’est pas une simple question d’assistance technique, mais une exigence fondamentale de justice, d’innovation partagée et de solidarité.”

— Ambassadeur Omar Hilale, Représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU

Cette posture résonne fortement dans un contexte où la fracture technologique se creuse entre pays riches et pays émergents. Le Maroc plaide pour que l’IA soit considérée comme un bien public mondial, et non comme un outil de domination économique. Il rappelle que le Sud dispose d’atouts propres (jeunesse, diversité des données, besoins spécifiques) qui doivent être intégrés aux discussions globales.

Leadership diplomatique

Le Maroc joue un rôle de “pont” entre blocs géopolitiques, bénéficiant d’une crédibilité particulière comme pays non-aligné technologiquement, capable de dialoguer avec l’Occident, la Chine et le reste de l’Afrique.

Plaider pour une IA éthique et responsable

Une approche pragmatique de la sécurité

Lors d’un débat de haut niveau du Conseil de sécurité en juillet 2024, le ministre Nasser Bourita présente l’IA comme une technologie à double tranchant. Pour la première fois, le Conseil aborde l’IA comme une menace potentielle à la paix et à la sécurité internationales.

Le Maroc met en garde contre la prolifération incontrôlée de systèmes d’IA pouvant renforcer les capacités de groupes malveillants : armes autonomes, cyberattaques massives, manipulation de l’information à grande échelle. Le message est clair : sans cadre normatif contraignant, l’IA peut devenir un facteur de déstabilisation majeur.

Menaces identifiées

Des solutions inspirées du droit international

Le Maroc propose de s’inspirer de la Résolution 1540 (2004) sur la non-prolifération des armes de destruction massive. L’analogie est forte : certains usages de l’IA pourraient, à terme, présenter un niveau de risque comparable.

Parmi les pistes avancées : mécanismes d’inspection, dispositifs de sanction, coopération renforcée entre agences de renseignement et obligation de transparence pour les États développant des systèmes d’IA militaires. Le Maroc ne se contente pas de dénoncer, il propose un agenda opérationnel.

Applications positives mises en avant

Contexte : Les grandes puissances peinent à s’accorder sur une résolution du Conseil de sécurité consacrée à l’IA. La contribution marocaine propose un socle minimum centré sur la sécurité collective, au-delà des rivalités géopolitiques.

Une stratégie nationale pour une IA souveraine et éthique

La loi-cadre “Digital X.0” : pilier de la gouvernance

Le projet de loi-cadre “Digital X.0” constitue la pièce maîtresse de la gouvernance de l’IA au Maroc, comme le souligne le CADE Project. Plutôt qu’une simple transposition du RGPD ou de l’AI Act, il s’agit d’un cadre souple, évolutif, adapté aux réalités d’un pays émergent ambitionnant de devenir un hub régional.

Sous l’impulsion d’Amal El Fallah Seghrouchni, Digital X.0 articule protection des citoyens et stimulation de l’innovation. Il définit des responsabilités claires pour développeurs, administrations, entreprises et plateformes, prévoit des évaluations ex-ante pour les systèmes critiques et des audits de conformité assistés par l’IA.

Intégration public/privé

Digital X.0 encadre la numérisation des services publics et favorise les partenariats public–privé, avec publication de registres publics des algorithmes utilisés dans l’administration.

Gouvernance des données

Identité numérique souveraine, consentement traçable et reconnaissance des données comme biens communs régulés, avec possibilités de portabilité et rémunération.

Responsabilité algorithmique

Obligation de démontrer la non-discrimination des algorithmes et encouragement à la diversité des équipes pour limiter les biais culturels.

Économie circulaire des données

Création de data spaces sectoriels (santé, agriculture, énergie) permettant un partage sécurisé des données pour maximiser la valeur sociétale.

Trois piliers stratégiques

Impact attendu (projections)

Lecture : longtemps en retard sur la protection des données, le Maroc fait le saut directement vers une loi “3e génération” combinant inspirations européennes et innovations adaptées au Sud global (sandboxes régulatoires, data spaces, identité numérique).

“Maroc Digital 2030” : une vision structurante

Objectifs macroéconomiques

Adoptée en 2023, la stratégie Maroc Digital 2030 ambitionne de faire du Royaume un hub régional pour l’IA et l’innovation numérique, comme le souligne The New Africa Magazine. Au-delà des infrastructures, elle porte un projet de transformation sociétale.

Sous le co-pilotage d’Amal El Fallah Seghrouchni, la stratégie vise à former 200 000 jeunes aux compétences IA (et pas seulement à la programmation), à numériser 100% des services publics et à créer plus de 300 000 emplois numériques d’ici 2030.

100% Services publics numérisés

300k+ Emplois numériques

200k Jeunes formés à l’IA

5 Md$ Investissements public–privé

Écosystèmes et partenariats

Partenariat avec Mistral AI

Un laboratoire de modèles linguistiques multilingues (arabe, amazigh, langues africaines) est co-développé à Benguerir avec Mistral AI, afin de produire des modèles ancrés dans les contextes juridiques et culturels locaux (droit islamique, droit coutumier africain, médecine traditionnelle).

Il s’agit d’un geste fort de décapitalisation linguistique : au lieu d’importer des modèles anglophones biaisés, le Maroc construit des IA qui reflètent ses réalités et celles du continent.

Programmes d’excellence

Un hub régional pour l’Afrique

Coopération Sud–Sud et partenariats

Partenariat avec le Gabon

Le Gabon décrit le Maroc comme un “modèle continental” de transformation numérique. Le partenariat signé en 2024 prévoit la formation de 500 ingénieurs gabonais dans les universités marocaines et la mise en place d’un hub technologique à Libreville sur le modèle de Casablanca.

L’approche marocaine se distingue par une logique de co-construction plutôt que d’assistance : transfert de compétences, partage de plateformes, gouvernance conjointe des projets.

Programmes concrets
Hub D4SD (Digital for Sustainable Development)

Lancé en 2024 en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, ce hub est un partenariat public–privé PNUD–Maroc financé à hauteur de 38 M$, dont 60% apportés par le Royaume.

Santé

Diagnostics IA dans 100 hôpitaux ruraux

Éducation

Tutorat intelligent pour 1 M d’élèves

Climat

Prévision des sécheresses et gestion de l’eau Sources: PNUD

Infrastructures et cybersécurité

Centre de données de Dakhla

Dakhla accueillera un méga-centre de données vert, alimenté à 100% par des énergies renouvelables (ensoleillement et vent constants). Objectif : devenir un nœud majeur de stockage et de calcul pour l’Afrique.

Avec une puissance visée de 50 MW et un PUE de 1,1, le centre sera relié à l’Europe et à l’Afrique de l’Ouest via des câbles sous-marins et optimisé pour les charges IA (entraînement et inférence de modèles).

Cybersécurité : un enjeu crucial

Selon SAMENA Council, le Maroc a subi plus de 12,6 millions de tentatives de cyberattaques en 2024, en hausse de 40% par rapport à 2023. Les secteurs les plus visés : banques, télécoms, services cloud publics.

En réponse, un Centre national d’opérations de cybersécurité (C-NOC) fonctionne 24/7 et une feuille de route 2025–2030 vise à renforcer la résilience des infrastructures critiques.

Institut Jazari

L’Institut Jazari (en référence à Al-Jazari, pionnier de la robotique) fédère universités, entreprises et acteurs publics pour accélérer la R&D en IA. Il fonctionne comme un “superconnecteur” entre besoins industriels, recherche académique et entrepreneuriat.

Parmi les projets : détection automatique de fraude fiscale, modèles d’optimisation de l’irrigation dans les oasis, automatisation intelligente de la collecte de taxes locales. L’institut vise 50% de femmes dans ses effectifs d’ici 2027.

Connectivité et inclusion

La connectivité demeure un point de vigilance : couverture 5G concentrée dans les grandes villes, coûts élevés de la bande passante, fracture numérique urbain/rural. La stratégie prévoit d’investir 1 Md$ dans des infrastructures rurales et micro-centres de données.

Feuille de route 2025–2030

Conclusion : un modèle singulier pour l’Afrique

Forces du modèle marocain

Le Maroc ne se contente pas d’“adopter” l’IA : il cherche à façonner les règles du jeu pour que cette technologie serve le développement humain durable. Trois piliers sont indissociables :

Enjeux et conditions de réussite

Pour réussir, ce modèle devra maintenir une indépendance stratégique face aux grandes puissances technologiques (États-Unis, Chine, UE) tout en multipliant les partenariats. Les principaux défis identifiés :

Note : la crédibilité du modèle marocain repose aussi sur sa capacité à démontrer, par des projets concrets (santé, éducation, climat), que l’IA peut être au service des citoyens et non l’inverse.

Cette lettre s’appuie sur des déclarations officielles, des rapports onusiens et des analyses spécialisées afin d’offrir une synthèse stratégique de la position du Maroc dans la gouvernance mondiale de l’IA.

← Retour à la liste des newsletters